POURQUOI VENDRE LE MONT ORFORD?

Le rapport Nicolet respecte la loi 23 mais la question demeure

Sherbrooke, le 27 septembre 2006 – Après avoir pris attentivement connaissance du rapport du comité Nicolet sur le projet de développement du Mont Orford, le Conseil régional FTQ Estrie ne peut pour le moment y donner son appui. Trop de questions demeurent sans réponse.

Le Conseil régional constate que le comité Nicolet n’avait pas de véritable mandat pour aller au fond des choses. « Nous ne sommes pas dupes de la stratégie du ministre Béchard qui a littéralement attaché les mains du comité en lui demandant d’étudier le dossier dans le carcan de la loi 23, dont la prémisse est la vente du Mont Orford », de déclarer le conseiller régional de la FTQ en Estrie, Marc Bellemare.

Pourquoi privatiser un parc pour en recréer un autre?

Le Conseil régional FTQ Estrie ne comprend pas pourquoi il faudrait vendre le Mont Orford à des intérêts privés pour ensuite le céder à un organisme public régional. « Cette façon de faire est burlesque voire ridicule et la population n’est pas dupe. Tous ont compris que ces entourloupettes n’ont qu’un seul objectif : sauver la face au gouvernement. Si le ministre Béchard est d’accord pour conserver “ publiques’’ les terres en litige, pourquoi veut-il les vendre ? », de questionner M. Daniel Proulx, président du Conseil régional.

On ne veut pas d’un club de luxe

Par ailleurs, le Conseil régional FTQ Estrie se réjouit que le comité Nicolet ait fait une place importante aux infrastructures culturelles en proposant l’aménagement de salles de théâtre, de spectacles et en faisant la promotion d’activités sportives, d’éducation et de plein air. Quant au centre de ski, le Conseil reconnaît la nécessité de moderniser les équipements de ski, mais s’inquiète en ce qui a trait aux investissements demandés pour moderniser ces mêmes équipements (35 millions de dollars). Il faut s’assurer qu’au moins 40 % de cette somme soit capitalisée; sans cela, il faudrait faire passer de 200 000 à 400 000 par année le nombre de jours skiables ou augmenter la tarification de façon draconienne. « La station du mont Orford ne doit pas être transformée en club de luxe pour sportifs bien nantis au détriment de skieurs aux revenus modestes qui forment déjà la majorité de la clientèle actuelle », de conclure Marc Bellemare.

Le Conseil régional s’oppose toujours à la construction d’unités de condos dans les limites du parc. « Nous avons fait la démonstration en commission parlementaire que les unités de condos peuvent être facilement construites à l’extérieur des limites du parc, tout en restant près des pistes de ski. Nous sommes également très inquiets de la rentabilité du projet. Il n’y a aucune étude de faisabilité, aucune étude de rentabilité qui démontre la viabilité du projet. Sommes-nous prêts à prendre le risque de construire un village fantôme? Poser la question : c’est y répondre.

Une preuve qui reste à faire

Chose certaine, le gouvernement Charest n’a pas fait la preuve que la construction de condos à l’intérieur du Parc du Mont Orford est essentielle à la rentabilité du projet. Par conséquent, il n’a pas prouvé qu’il est nécessaire de vendre le Mont Orford. C’est la tâche à laquelle il doit s’atteler, selon nous, avant que le ministre Béchard ne passe à l’étape de l’appel d’offres.

Au moment du dépôt des appels d’offres, la FTQ Estrie compte étudier de très près les conditions imposées aux promoteurs pour la réalisation de ce projet.